Pourquoi je voterai Fabien Roussel le 10 avril

Nous sommes dans une France avec un climat politique pré-fasciste. Il est marqué par un pouvoir se réclamant progressiste et libéral, mais dans les faits personnel et autoritaire : les contestations politiques ont été réprimées par une rare violence et le pouvoir s’est fait spécialiste de réprimer par la force la moindre contestation. La doctrine du maintien de l’ordre est devenue ultraviolente du fait du gouvernement, les fonctionnaires de police commettant des exactions ne sont pas sanctionnés, les fonctionnaires les dénonçant le sont. Ce climat pré-fasciste rend une hypothétique prise de pouvoir de l’extrême droite encore plus périlleuse.

Face à ce climat pré-fasciste, il y a une gauche très faible : il est probable que l’ensemble des forces de gauche fassent un score historiquement faible. On pourrait dire que ce n’est que la résultante de 40 ans de gouvernement de gauche, et de leur renoncement à s’attaquer au capital, des trahisons de leurs engagements, mais il y a aussi un gâchis considérable : en 2017, Jean-Luc Mélenchon présente une candidature de gauche qui malgré un score considérable — près de 20 % ! — décide de ne pas s’appuyer sur ce score pour construire une opposition réelle au pouvoir de Macron. Dès la fin du premier tour, la guerre contre toutes les forces de gauche est lancée par LFI pour les élections législatives : la gauche devra donc se contenter de miettes aux parlements. Sans même parler de la débandade de LFI à toutes les élections intermédiaires : LFI n’a même pas été au rendez-vous du mouvement des gilets jaunes. Mouvement qui correspondait pourtant au cahier des charges du mouvement de Jean-Luc Mélenchon : sans clivage gauche-droite, sans parti, qui fédère le peuple dans sa diversité culturelle et politique.
En réalité, cela montre une chose : Jean-Luc Mélenchon n’a qu’un objectif : prendre le pouvoir institutionnel pour provoquer une alternance ; il ne prépare jamais l’opposition réelle au parlement et dans la société, une opposition qui ne laisserait pas les mains libres au pouvoir.
Enfin, s’il peut porter des contestations au gouvernement et des espoirs de mieux-vivres, son programme ne porte pas de transformation sociale réelle (ne parlons même pas de dépassement du capitalisme !).

D’autres candidatures à gauche ne sont pas beaucoup plus enthousiasmantes, les interventions de Yannick Jadot montrent à quel point un autre Macron est possible. Sa position quant à la guerre en Ukraine, elle sent bon l’escalade guerrière et la volonté d’entrer dans un conflit mondialisé. Anne Hidalgo fait une campagne au-dessus de laquelle planent les profondes trahisons de Hollande et de ses gouvernements, et à raison.

Quant aux deux candidatures d’extrême gauche qui porte une simple voix de contestation : Arthaud semble faire une campagne exactement comme l’aurait fait Laguiller il y a 40 ans, sans rien changer ou presque ; pis, Poutou semble jouer au jeu de « tout ce qui bouge est rouge » et assimile (sans en faire une critique marxiste) tous les discours post-structuralistes — y compris dans tout ce qu’ils ont de conservateur et de réactionnaire.

Pour moi le seul espoir dans cette gauche faible, c’est le vote Fabien Roussel, et bien plus que lui, le Parti Communiste Français dont il est le candidat. Parce que l’on s’entende bien : la Vᵉ République fait le jeu de la détestable personnalisation de la vie politique, et je me refuse à voter pour un tribun, un césar, un sauveur suprême. Et j’ai pu avoir des désaccords, parfois, plus ou moins importants avec la manière de faire de Fabien. Pourtant, c’est sans l’ombre d’un doute que je voterais pour lui, le candidat d’un programme et d’un parti authentiquement populaire, réellement révolutionnaire.

Ce qui m’a frappé dans cette campagne, c’est une forme de bêtise généralisée. Déjà, la première et la plus grave est celle de l’équipe gouvernementale sortante. La dernière séquence de la campagne de Macron est parlante : il se met en scène en train de proposer, l’alternance (donc le travail) des enfants dès la 5e (donc dès 12 ans), avant de se rebiquer quelques jours plus tard, parlant même d’une « fake news » lancé par des opposants.
La colonne vertébrale de cette campagne semble être la capacité à son candidat de brasser habilement du vent, un peu comme un dirigeant de startup vendrait une idée, qui lui serait venu un soir d’ivresse, sur une plateforme de financement participatif. Il faut reconnaître que Macron sait flatter l’intelligence de ceux qui n’en ont pas : tous ses discours sont empreints de formules vides prônant de fausses valeurs (« nous sommes militants de l’idéal » ; « ensemble nous ne sifflons pas, jamais ! » ; « nous allions respect et exigence »). Il fait également preuve de ce que l’on pourrait appeler une forme de populisme huppé et bourgeois : ces discours sont de véritables attrape-tout. Ainsi des mesures sociales — dont on sait qu’il ne les fera pas — côtoient des mesures qui sont des attaques contre le mouvement social et le monde du travail — dont on sait qu’elles seront menées.

La bêtise aussi de cette extrême droite qui a comme participation notable de cette campagne de nous amener des débats qui sont à la fois à mille lieues des préoccupations de nos concitoyens et concitoyennes, mais qui sont aussi des poisons dans le débat public : la soi-disante « résistance » de Philippe Pétain ; la prétendue criminalité des mineurs isolés ; le prétendu « grand-remplacement » que nous subirions ; etc.

Mais la bêtise n’est pas que la chasse gardée de la droite. Pour sûr cette campagne a pu montrer que la gauche sait aussi être bête.

Le piteux ballet des unionistes a fait place à la malhabile danse des utilitaristes. Ils nous disent qu’il existe une stratégie pour que la gauche l’emporte, et que celle-ci ne passe pas tant par la bataille d’idées que par des stratégies de vote. Un candidat unique de la gauche aurait été la seule chance de l’emporter — qu’importe qu’historiquement la gauche l’ait toujours emporté à cette élection précisément lorsqu’elle était divisée au 1er tour, mais qu’elle a su s’unir au second. Maintenant, ils recyclent le concept du « vote utile/efficace » que François Hollande avait fait sien lors de la campagne de 2012, on raconte la fable suivante : il existerait un candidat de gauche capable de se qualifier au second tour, sur base des sondages, et il faudrait voter pour lui plutôt qu’un autre — qui ne serait qu’un bulletin inutile parce qu’allant à un candidat qui aurait vocation à être minoritaire ; qu’importe que le candidat en tête dans les sondages n’ait su se qualifier en 2017, précisément lorsque les sondages lui étaient bien plus favorables.

Notons que cette dernière stratégie est dangereuse à trois titres :

1 — elle dépolitise et réduit le moment de débat politique majeur de notre pays à une stratégie pour que « la gauche » (cette même gauche qui a renoncé et trahi) se qualifie au second tour ;

2 — elle va dans le sens, et au final valide, la logique de la Vᵉ république, qui accorde presque tous les pouvoirs à un majoritaire ;

3 — elle met en place dans les esprits que le seul espoir de changement et de transformation est dans l’alternance du pouvoir et prépare l’apathie généralisée en cas de défaite — plutôt que de préparer aux batailles et aux luttes.

En ce qui concerne le dernier point, c’est bien l’état d’esprit de ce que prépare Jean-Luc Mélenchon lorsqu’il explique que voter pour lui serait s’économiser « des kilomètres de manifestation » (qui peut s’imaginer, par ailleurs, que même en cas de victoire, un véritable gouvernement de rupture n’aurait pas besoin du mouvement social pour prendre le pouvoir sur la finance, les banques, le patronat, les institutions européennes ?).

Bêtise aussi sur les questions écologiques et scientifiques, alors que les enjeux sont trop importants. À gauche, on cite des rapports du GIEC que ce qui arrange sa vision du monde : par exemple, on ne cite jamais de ces rapports la nécessité de l’augmentation considérable de la production d’électricité via la fission nucléaire ou les 6 % de PIB qui doivent être destiné à la transition écologique. Ne parlons même pas des différentes postures confuses et anti-sciences des uns et des autres lors de l’épidémie, et la participation à des marches contre le pass sanitaire qui fustigeait bien plus les connaissances scientifiques que les mesures gouvernementales, et qui se faisaient avec une extrême droite complotiste et antisémite.

Bêtises aussi face à ces curés de l’écologie qui nous expliquent que la transition devra venir avec du sang et des larmes pour les couches populaires, ou qu’il ne faudrait empêcher les enfants de faire de l’aviation de loisir, car les aéroplanes émettant du CO2 ceux-ci sont moralement incompatibles avec l’écologie (qu’importe que cette part de CO2 émise l’aviation de loisir soit très marginale) : ils font de l’écologie une morale, une vertu même, plutôt qu’un moyen réel de lutter contre le dérèglement climatique.

Bêtise aussi sur les questions de l’antiracisme. Oui, le racisme dans notre pays existe, il est inacceptable. Oui, les violences contre les juifs, contre les musulmans de notre pays sont révoltantes, honteuses et doivent être dénoncées. Oui, l’extrême droite et même une partie de la droite veulent faire de nos concitoyennes et concitoyens musulmans des Français·es de seconde zone, et c’est infâme. Cependant, il est aussi honteux de ne pas voir ce racisme — ce fascisme même ! — lorsque celui-ci est présent chez les islamistes et les intégristes de toutes religions. Lorsque M6 a diffusé un reportage sur les islamistes de la ville de Roubaix, des réactions honteuses ont été enregistrées de la part de responsables de la France Insoumise et d’EELV. Certes, ce reportage était biaisé, injuste envers une ville où les islamistes ne représentent qu’une petite minorité, certes on peut critiquer son racolage, ses raccourcis, ses facilités. Néanmoins, des faits d’intérêt public ont été soulevés par ce reportage, il montrait une implentation d’islamistes dans cette ville. Pourtant, EELV par la voix de Sandrine Rousseau, excusait presque les pratiques de ces islamistes. LFI critiquait ce qu’ils estimaient être une charge contre les musulmans. On ne se battra pas efficacement contre l’extrême droite en acceptant les idées les plus réactionnaires et les plus dangereuses parce qu’elles émanent de minorités : surtout quand on sait que bien souvent, ce sont les musulmans eux-mêmes qui sont les victimes directes ou indirectes de ces islamistes.

Il faut aussi beaucoup de bêtise et un peu d’indignité, lorsque l’on crée des polémiques autour d’une liste d’invités à un hommage à Charlie Hebdo, organisé par le PCF, alors que la liste des invités a été choisie par la famille de l’une des victimes de cet ignoble attentat.

Mais s’il y a bien eu un pinacle de l’ineptie durant cette campagne, ce sont les paniques morales qu’a provoquées la candidature du communiste Fabien Roussel. La première, classique pour une candidature du PCF, est le procès en stalinisme. On n’en fera pas commentaire, si ce n’est que, comme à l’accoutumée, ce scandale a aussi bien été alimenté par la droite que par la gauche : aussi bien par l’animateur de télévision bien à droite Jean-Marc Morandini, que par le vidéaste libertaire Benjamin Brillaud de Nota Bene.
La seconde, bien plus notable, concerne l’alimentation. Un sujet qui a toujours été un sujet de prédilection du PCF, qui organise régulièrement, et dans toute la France, des ventes de fruits et légumes à prix juste avec le MODEF [Mouvement de défense des exploitants familiaux], mais également des initiatives à chaque Fête de l’Humanité pour qu’une soirée, des plats de chefs étoilés soient accessibles et à moindre prix. Lorsque Roussel a fustigé le fait qu’Emmanuel Macron soit considéré comme un « ambassadeur de la gastronomie française », puis lorsqu’il a fait de l’alimentation un des principaux axes de sa campagne, cela a déclenché un scandale artificiel qui n’en finit plus. Accusation croisée de cadres des Verts et de LFI de racisme : Sandrine Rousseau d’EELV sous-entends lourdement que parler de « gastronomie française » serait exclure les autres gastronomies ; sur une visioconférence organisée sur twitter par des cadres de LFI on pouvait y entendre « il parle de viande pour ne pas parler de saucisson » comprenez pour déverser sa haine contre les musulmans, on accusait même Roussel d’être un « suprémaciste blanc », on y expliquait qu’il évoquait ces sujets car « pour lui l’ouvrier est blanc », on y a même dépoussiéré une veille figure des antisémites, celle du judéobolchevique, en accusant « Roussel [d’être] proche du CRIF [Conseil représentatif des institutions juives de France] ». Comme si les victimes de racisme n’étaient pas touchées, par essence, par les questions d’alimentation.
Au PCF, nous avons été touchés par ces accusations, contraire à tout ce que nous défendons et ce que nous faisons, mais elle dit beaucoup de ceux qui les manient : plus obsédé par des questions identitaires que par transformer réellement la vie des gens, quelle que soit leurs origines ou leurs religions. Lorsque Roussel parle d’alimentation et de gastronomie, il fait référence à ces millions de Français qui ont été jetés dans la précarité alimentaire, et il leur propose de leur donner non pas seulement l’horizon de manger mieux, mais même d’avoir accès aux bonnes tables. Ces accusations en racisme sont, de fait, pleinement racialistes et nourrissent donc le racisme : comme si les non-blancs n’étaient pas, par essence, concernés par la précarité alimentaire et n’avaient aucune aspiration à mieux manger. Comme si les non-blancs étaient des êtres fondamentalement différents des blancs, en somme.

Avec de tels raisonnements, exit toutes ambitions de parler à ces gens qui subissent la précarité alimentaire en leur apportant des horizons de transformation, exit toutes ambitions de faire des propositions d’une production alimentaire qui respecterait les hommes, les bêtes et la nature : toutes les propositions de Roussel de renforcer l’agriculture locale, les circuits courts, de mettre fin à toute forme d’élevage intensif ne rencontrent pas d’échos chez ces militants qui préfèrent faire, sur les réseaux sociaux, des blagues à bases de saucisses et de vins (comme si les gens qui en consomment avaient, par ailleurs, un mode de vie indigne).

Ce qui m’a marqué avec toute cette bêtise, c’est le contraste avec l’intelligence que je peux voir dans mon parti. L’intelligence et la radicalité du programme de la France des jours heureux, mais aussi l’intelligence quotidienne que je retrouve dans les réunions de mon parti. Les gens le savent peu, mais le PCF c’est de nombreuses revues (pour beaucoup accessibles en ligne gratuitement) et autant d’analyses à la fois de la situation politique actuelle que des moyens pour en sortir et des propositions constantes de choses que nous pourrions faire au pouvoir. C’est d’ailleurs un parti qui a toujours su garder la vieille méthode matérialiste des marxistes, et qui est très à l’écoute des sciences et de ses consensus : jamais nous ne ferons huer un vaccin à l’un de nos meetings, jamais nous ne sortirons de notre chapeau des solutions qui ne font pas consensus, en sciences, pour limiter le réchauffement climatique.

D’ailleurs, il est faux de dire que les conceptions politiques du PCF et de LFI sont « très proches » : notre anticapitalisme n’est pas une simple devanture. Nous disons que les transformations révolutionnaires se feront en donnant aux salariés des pouvoirs nouveaux, pour leur permettre de reprendre le contrôle de leurs moyens de production. Nous ne disons pas qu’un gouvernement communiste suffira, mais que c’est une bataille qui se mènera avec le mouvement social.
Nous proposons un conquis social : c’est-à-dire une institution, comme la sécurité sociale, qu’il sera difficile de nous arracher : la sécurité d’emploi et de formation. Une institution qui permettra à chaque salarié d’arrêter son travail, de conserver son revenu, à condition qu’il fasse une formation (choisie, qui durera le temps qu’il veuille) : cela permettrait d’échapper au chantage au chômage ou d’eviter subir son travail via une flexibilité qui ne profite qu’au salarié. Il s’agit d’un acquis civilisationnel nécessaire dans une époque où le travail nécessite d’être toujours mieux formé, et d’avoir des connaissances toujours plus à jour.
Nous sommes les seuls à gauche à souhaiter revenir sur une sécurité sociale entièrement financée par la cotisation, quand même LFI souhaite pérenniser son financement par l’impôt.

Enfin, on ne fait pas la même politique avec un PCF à 20 % qu’avec un PCF à 10 % : c’est une formule reprise au dirigeant de l’ancêtre du MEDEF dans les années 80. Hier comme aujourd’hui, nous sommes prêts à créer un véritable mouvement de contestation, à la fois dans le parlement, dans les institutions, dans le mouvement social, dans les luttes et dans toute la société. C’est quelque chose que LFI a échoué à faire.

Demain, je sais que mon parti, le PCF, est déjà prêt à prendre le pouvoir si cela se présente : nous avons des dizaines de milliers d’hommes et de femmes capables dans ce parti, qui sauraient mieux gérer un ministère, qui connaissent mieux ce pays que l’armée d’incompétents notoires que nous avons depuis 5 ans. Et si nous n’y arrivons pas, nous saurons tendre la main à toutes les forces de gauche, sans sectarisme, pour trouver des voix nous permettant d’être majoritaires. Et nous saurons mener des batailles contre un gouvernement opposé aux objectifs de progrès : nous ne déserterons pas la lutte ces cinq prochaines années.

Mettre un bulletin Fabien Roussel dans l’urne, c’est donner de la force à un projet réaliste et radical qui nous permettra demain de proposer un avenir débarrassé du diktat de la finance et du patronat. C’est aussi s’assurer de donner de la force à un parti qui mène et mènera une bataille acharnée contre n’importe quel gouvernement conservateur, et qui a la capacité d’en arracher des victoires. C’est donner de la force à un parti qui sera en première ligne de toutes les résistances si par malheur l’extrême droite arrivait au pouvoir. C’est donner la force à un projet qui n’a jamais caché son ambition de sortir des traités européens.

Voter Fabien Roussel le 10 avril, c’est préparer l’entrée dans une période nouvelle marquée par un contexte de crises et de guerres, comme l’ont fait avant nous les communistes du gouvernement de transition au sortir de la Seconde Guerre Mondiale. Ils ont su, dans une France ruinée, mettre en place la sécurité sociale qui, bien qu’attaquée de toutes parts, continue de rendre nos vies meilleures. Des vies que nous souhaitons heureuses. Des jours que nous méritons heureux.

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Cédric Goulmot

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